Question posée en commission à la ministre de l’Asile et la Migration, Anneleen Van Bossuyt. Le compte-rendu est à retrouver ici.

Ma question :

Madame la ministre,

J’ai pu lire dans la presse que votre gouvernement chercherait à couper dans le financement fédéral des places d’accueil à Bruxelles, et quelque 300 places seraient donc menacées.

Aujourd’hui, le gouvernement régional reçoit 42 millions d’euros du fédéral, à la suite d’un accord conclu en 2022, connu sous le nom d’« accord de Bruxelles », afin de remédier à la pression exercée sur le système d’asile bruxellois en raison d’un manque de soutien fédéral. Mais la situation à Bruxelles semble s’aggraver au lieu de s’améliorer : le dernier rapport de sept organisations humanitaires démontrent que votre politique de non-accueil accentue la crise. Des milliers de personnes dorment à la rue, leur santé se détériore et est directement affectée par leurs conditions de vie précaires, et sont en situation de détresse psychologique.

Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde, Vluchtelingenwerk Vlaanderen, le CIRÉ, BelRefugees, Caritas International et le Hub Humanitaire demandent justement une augmentation de la capacité d’accueil. Votre volonté de réduction des places d’accueil à travers le pays, et à Bruxelles en particulier, va a l’encontre des besoins et observations du terrain.

Madame la ministre,

  • Où en êtes vous dans les discussions budgétaires à ce sujet ?
  • Comment justifiez-vous ces coupes budgétaires au vu de la situation humanitaire dramatique que Bruxelles traverse ?

Je vous remercie.

Réponse de la ministre :

Madame Hugon Lecharlier, l’analyse porte sur un éventuel ajustement de la contribution fédérale, compte tenu de la forte diminution de la liste d’attente. Les modalités précises ainsi que le calendrier font encore l’objet de discussions politiques avec la Région bruxelloise. Il ne s’agit pas d’un désengagement, mais d’une adaptation à l’évolution de la situation.

 La baisse importante de la liste attente a réduit la pression sur le dispositif bruxellois, en raison de la diminution du nombre de demandeurs de protection internationale ne pouvant être pris en charge faute de places d’accueil. Cette diminution, combinée au contexte actuel d’économies, rend nécessaire une révision.

 Nous entamons des concertations politiques en vue de renégocier le Brussels Deal, étant donné que le besoin en places d’accueil supplémentaires diminue en raison de la poursuite de la baisse du nombre de personnes figurant sur la liste de transit.

Ma réplique :

Madame la ministre, j’entends bien qu’il n’y a pas encore grand-chose de concrètement décidé.

 Vous parlez d’une forte diminution de la liste d’attente qui justifie les démarches, mais j’ai l’impression que c’est quand même prendre les choses à l’envers. Les ONG, dans ce rapport que j’évoquais, disent que la situation ne va pas dans le bon sens et que le dispositif bruxellois est saturé.

 Or, vous nous dites qu’il y a des places en suffisance et que c’est pour cela que nous pouvons envisager d’en fermer. Ce que vous nous répondez ici n’est pas du tout en cohérence avec ce que disent les ONG du réseau bruxellois, qui nous rapportent que la situation est catastrophique.

 J’espère que dans les discussions qui vont avoir lieu, il pourra être tenu compte de la situation telle qu’elle est réellement rapportée par les organisations qui mettent en œuvre cet accueil.