Question posée à la ministre de la Migration, Anneleen Van Bossuyt. Le compte-rendu intégral est à retrouver ici.

Ma question : 

Madame la ministre, cela fait plus de deux semaines que cinq Gazaouis, établis de façon légale depuis des années en Belgique, ont débuté une grève de la faim à Bruxelles, afin que leurs familles, qui sont titulaires de visas puissent arriver en sécurité en Belgique.

Faute d’opération d’évacuation depuis décembre 2025, de nombreuses personnes qui ont obtenu un visa et ont le droit de venir en Belgique n’y parviennent pas, parce que les évacuations ne sont pas organisées et qu’elles n’ont pas les moyens d’arriver. 

Je suis allée rendre visite à ces cinq Gazaouis à l’église du Béguinage le week-end dernier. L’un d’eux a vu son épouse pour la dernière fois il y a trois ans. Un autre n’a jamais pu tenir dans ses bras son plus jeune enfant. 

Dimanche dernier, plus de 500 personnes se sont rassemblées au Béguinage pour venir en soutien à ces grévistes et à leur demande, qui est simple: ils veulent que les visas obtenus par leurs familles aient une utilité et une effectivité. Ils n’en peuvent plus de s’inquiéter pour la vie et la sécurité de leurs familles qui habitent sous tente, dans des conditions impossibles. 

Malheureusement, cette situation, qui est également celle des plus de 1 500 personnes gazaouies qui ont reçu un visa, mais pas d’ordre d’évacuation, a été le décor d’une mauvaise pièce de théâtre au sein du gouvernement. Vous et votre collègue Prévot avez en effet multiplié les passes d’armes dans la presse, sans pour autant qu’une solution se dégage. Aujourd’hui, plusieurs grévistes de la faim ont déjà été hospitalisés, tandis que leurs familles sont quotidiennement en danger à Gaza. La situation est trop grave et trop dangereuse pour qu’elle continue à être instrumentalisée de la sorte par le gouvernement.

Madame la ministre, avez-vous rencontré ces grévistes de la faim pour la sécurité de leurs familles? Où en sont les discussions au sein du gouvernement? Jusqu’où la situation devra-t-elle dégénérer pour que le gouvernement se décide à trouver une solution? Faudra-t-il un mort pour vous faire réagir?

Réponse de la ministre :

Comme cela a déjà été confirmé à plusieurs reprises, la Belgique s’est abstenue lors du vote formel au sein du Conseil.

We hebben dus niet tegengestemd, mijnheer Di Nunzio, maar we hebben ons onthouden. We hebben ons niet verzet ertegen, we hebben ons onthouden.

Er bestaat wel degelijk een wettelijk kader voor deelname aan het initiatief van de terugkeerhubs, aangezien de terugkeerverordening op 1 oktober, dus vorige week, goedgekeurd werd binnen de Raad van de Europese Unie. De regering verwelkomt het feit dat de juridische mogelijkheid gecreëerd werd om terugkeerhubs op te zetten. Zoals de eerste minister ook al aangaf, willen we daar effectief gebruik van maken, mits aan de noodzakelijke randvoorwaarden voldaan is, zoals het respecteren van de mensenrechten.

Zoals de eerste minister ook aangaf, zullen daar geen minderjarigen in worden ondergebracht. Wat uw vragen over de praktische uitwerking en de gesprekken betreft, loopt u ver voor op de feiten. Er is momenteel nog geen terugkeerhub en we hebben daar ook nog geen gesprekken over gevoerd met potentiële derde landen. Zoals gezegd, zullen er geen minderjarigen in worden ondergebracht. De rest is louter hypothetisch en wordt besproken in de schoot van de regering.

Wat ik binnen de regering gevraagd heb, is een evenwichtiger beleid. Als er van mij versoepelingen worden gevraagd inzake de instroom, dan wil ik dat er ook kan worden gepraat over meer terugkeer van wie hier niet mag blijven. Terugkeerhubs kunnen daartoe inderdaad een middel zijn en ik hou ze daarom op de agenda van de regering. Er is dus helemaal geen reden om te twijfelen aan mijn belofte om een streng migratiebeleid te voeren.

En ce qui concerne les questions relatives à une éventuelle évacuation, ce dossier qui  ne concerne pas uniquement les 13 étudiants et chercheurs fait également partie de la proposition examinée en Conseil des ministres restreint. Outre les 13 étudiants boursiers, l’évacuation de 320 autres Palestiniens a également été demandée. Cela montre qu’il s’agit rarement d’un petit groupe de personnes.

C’est pourquoi, comme je l’ai également indiqué lors de la précédente réunion de commission, j’estime qu’il est de ma responsabilité de ne pas examiner uniquement le dossier spécifique qui nous occupe aujourd’hui, mais aussi de tenir compte des conséquences de telles décisions pour la politique migratoire de demain.

Wat betreft de stand van zaken met betrekking tot de studentenvisa, kan ik meedelen dat de gesprekken binnen de regering nog lopende zijn.

Enfin, je comprends la situation déchirante dans laquelle se trouvent les personnes concernées, mais les grèves de la faim ne peuvent jamais constituer un moyen de contraindre les pouvoirs publics à prendre certaines décisions.

Ma réplique :

Madame la ministre, concernant les hubs de retour, nous ne sommes pas d’accord sur ce point et nous ne le serons pas. Comme mon collègue M. De Smet et moi-même l’avons indiqué, il est impossible de garantir le respect des droits humains dans de tels camps. C’est, selon moi, une illusion. Dès lors, lorsque vous affirmez que des personnes ne pourront y être envoyées que si leurs droits sont respectés, il faut en tirer la conclusion qu’aucune personne ne devrait y être envoyée, puisque ces droits ne peuvent précisément pas y être garantis.

Concernant maintenant les évacuations depuis Gaza, la question va bien au-delà des 13 étudiants et chercheurs. C’est d’ailleurs l’objet même de mon intervention. Quel est le problème? Il s’agit de regroupements familiaux parfaitement légaux. Ces personnes ont respecté toutes les règles, suivi toutes les procédures et rempli toutes les conditions. Malgré cela, vous refusez toujours de leur permettre de rejoindre notre pays.

Vous affirmez lutter contre la migration illégale. Or, dans le cas présent, il s’agit d’une voie de migration légale: le regroupement familial, qui est déjà l’une des rares voies légales encore accessibles. Pourtant, même cette voie-là, vous semblez la remettre en cause. Vous nous dites également que vous compatissez à la situation déchirante que vivent ces familles, tout en agissant comme si vous n’aviez aucune responsabilité dans leur situation. Cette compassion, où se traduit-elle concrètement?

En réalité, la vie, la sécurité et l’avenir de personnes actuellement bloquées à Gaza sont utilisés dans le cadre de négociations au sein de votre gouvernement, alors même que la Belgique leur a reconnu le droit de rejoindre leurs familles. Vous le faites pour négocier avec vos collègues du gouvernement sur d’autres dossiers. Il n’est donc pas surprenant que certaines de ces personnes entament une grève de la faim et se mettent en danger. Elles ont le sentiment de n’avoir plus aucun autre moyen de se faire entendre. Elles vivent dans une angoisse constante pour leurs proches restés à Gaza.

Ma question reste donc entière: allez-vous laisser ces personnes mourir de faim sur notre territoire, alors que d’autres meurent déjà de faim aujourd’hui à Gaza? Allez-vous continuer à laisser leurs enfants, leurs conjoints et leurs familles bloqués dans une région où un génocide est en cours, ou allez-vous simplement leur permettre d’utiliser les visas que la Belgique leur a octroyés?