Question posée en commission au ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin. Le compte-rendu intégral est à retrouver ici.

Ma question : 

Madame et Messieurs les Ministres,

Je vous remercie pour vos exposés. Je me joins aux préoccupations qui ont déjà été exprimées.

Les acteurs de la Justice nous disent depuis des années qu’ils ont besoin de davantage de moyens pour mener des enquêtes complexes, s’attaquer au blanchiment d’argent et aux banquiers de la mafia, démanteler les réseaux, arrêter leurs dirigeants plutôt que les seuls petits dealers — qui sont remplacés dès le lendemain — et assurer un traitement plus rapide des dossiers par la justice.

Voilà des années qu’ils formulent ces demandes. Il est tout de même interpellant que le procureur du Roi, M. Moinil, ait dû tenir une conférence de presse seulement 36 heures après le Conseil régional de sécurité, le CORES. Cela signifie tout de même qu’il n’a pas été entendu lors de ce CORES.

Madame la Ministre, quelles sont vos exigences dans le cadre des discussions budgétaires concernant le parquet, les cours et tribunaux et le renforcement de la police judiciaire ? Allez-vous demander des moyens supplémentaires pour l’Institut national de criminalistique et de criminologie, l’INCC, afin d’accélérer les analyses criminalistiques ?

M. Moinil évoque également 203 millions d’euros saisis dans le cadre de la lutte contre la drogue depuis le début de l’année 2025. Que devient cet argent ? Comment est-il mobilisé dans la lutte contre la criminalité organisée ?

Mais plus largement, nous avons quand même l’impression d’être confrontés aux limites de la politique actuelle, qui centre l’essentiel de sa réponse sur la prohibition et la répression.

N’est-il pas temps de procéder à une analyse et à une évaluation sincères de cette politique, afin de vérifier que l’argent public qui y est investi conduit effectivement à une diminution des violences et à une amélioration de la sécurité et de la santé publiques ?

Vous avez beaucoup insisté, Madame la Ministre, sur le fait que différentes compétences entraient en jeu, notamment des compétences communautaires et régionales. Je suis d’accord avec vous : il ne faut pas désinvestir dans le social, la santé, la prévention, l’éducation ou encore le logement.

Mais il faut aussi se demander, à cet égard, si l’Arizona ne joue pas, d’une certaine manière, au pompier pyromane.

Ce gouvernement nous parle aujourd’hui d’urgence nationale et de sécurité, tout en précarisant des dizaines de milliers de personnes par ses politiques d’austérité et en poussant certaines d’entre elles vers l’illégalité.

Il supprime par ailleurs mille places d’accueil dans le réseau d’urgence bruxellois, qui est pourtant déjà saturé, envoyant ainsi davantage de personnes à la rue.

Je veux bien entendre les appels à l’union nationale, mais il faut alors faire preuve de cohérence.

Si nous voulons garantir une sécurité durable dans notre pays, dans notre capitale et dans nos quartiers, il faut aussi cesser de dégrader le tissu social, préserver la capacité de chacune et chacun à vivre dignement et prendre soin de nos citoyens.

Au sein d’Ecolo, nous ne voulons pas seulement davantage de pompiers. Nous voulons surtout moins d’incendies.