Alors que Bart De Wever a présenté la démission de son gouvernement au Roi, les votes de la séance plénière de ce jeudi 5 novembre sont maintenus. Ecolo-Groen avait demandé le retrait des textes de l’ordre du jour, notamment celui sur les visites domiciliaires. En Conférence des présidents, les partis de la majorité ont souhaité maintenir l’ordre du jour inchangé malgré la crise politique profonde dans laquelle ils sont enlisés.
Le gouvernement fédéral traverse une crise politique majeure. Le Premier ministre a présenté la démission de son gouvernement au Roi, aucun budget pour 2027 n’a été présenté dans les délais et la déclaration de politique générale du Premier ministre se fait toujours attendre. Pourtant, la majorité prétend poursuivre les travaux parlementaires comme si de rien n’était.
Face à cette situation, Ecolo-Groen a demandé ce mercredi, en Conférence des présidents, le retrait des points 3 à 6 de l’ordre du jour de la séance plénière de demain. Il n’est pas acceptable de faire avancer de nouveaux textes législatifs d’initiative gouvernementale sans même savoir si le gouvernement dispose encore du soutien politique de sa majorité.
Par exemple, les députés ne peuvent pas introduire d’interpellations au gouvernement suivies d’une motion – dans cette période de gouvernement démissionnaire. Il nous semble évident que le gouvernement devrait appliquer cette même logique.
« Le Premier ministre remet la démission de son gouvernement au Roi, mais à la Chambre, la majorité veut continuer comme si rien ne s’était passé. C’est un déni de la crise politique et un manque de respect pour le débat démocratique», dénonce Sarah Schlitz, cheffe de groupe Écolo.
Parmi les textes dont le vote est maintenu figure celui qui vise à instaurer des visites domiciliaires, particulièrement critiqué de toutes parts pour son caractère liberticide et anticonstitutionnel.
« On parle ici de permettre des intrusions policières dans des domiciles privés, éventuellement de force, et même en présence d’enfants. C’est une atteinte majeure au respect de la vie privée et à l’inviolabilité du domicile. Pour nous, l’objectif reste clairement l’abandon définitif du projet. Mais faire passer un texte aussi contesté dans un contexte politique aussi instable, au nom de la loyauté à un gouvernement démissionnaire, est profondément irresponsable », souligne Claire Hugon Lecharlier.
Pour Ecolo-Groen, la crise politique actuelle devrait imposer un temps d’arrêt et une clarification démocratique, pas une course à l’adoption de textes controversés. En maintenant les votes, la majorité assume pleinement la responsabilité de poursuivre son agenda parlementaire malgré les circonstances.